Plantation d’une microforêt à Saint Christophe sur Roc, décembre 2024

Naissance d'une forêt à l’école de St Christophe sur Roc

Rédigé par Liliane Lapomme, | Adjointe Environnement

Avant d’avoir une histoire, la forêt a été une histoire !

Celle racontée par les maîtresses, Amélie et Laura dans leurs classes. Cette histoire est née peut-être dans les chemins que les enfants sillonnent dans la commune les jours de l’école dehors, dans les journées au CPIE de Cloutières, dans les activités pédagogiques animées entre les arbres derrière l’école, éveil à l’attention la nature, herbes et fleurs, insectes, oiseaux et mammifères, aux arbres qui les abritent…
Bref, un jour, l’idée était là ! Nous avons les routes et chemins bordés de haies, nous avons le champ derrière l’école, l’espace à l’ombre de quelques arbres où on construit des cabanes mais… il n’y a pas de forêt !

Et bien, plantons une forêt ! Une petite forêt pour apprendre les gestes, la voir naître, grandir, et y amener les enfants, qui sait ? Le temps, c’est important ! Les enfants doivent apprendre le temps, d’aujourd’hui, d’hier, demain. Ils profitent des arbres qui ont été plantés il y a trente, cinquante, cent ans ; ils voient grandir ceux que leurs parents, ou grands-parents ont planté ou laissés pousser ; eux aussi doivent entrer dans la chaîne pour les enfants de demain, après demain, après après-demain…

Les adultes se sont réunis, les maîtresses, Amélie et Laura, des représentants de la mairie, Jeannine qui s’occupe de l’école, Liliane de l’environnement, Amélie membre du Conseil municipal (et aussi parent d’élève) et Ariane et Marie Hélène passionnées des arbres (de l’association YACABA qui plante des micro forêts). Les maîtresses ont expliqué les projets pédagogiques multiples qui pourront se développer. Ce sera aussi un espace intéressant pour le prochain espace d’activités sportives à proximité ; enfin, avec le réchauffement climatique, la présence de la forêt régulera le froid et le chaud des bâtiments et espaces
extérieurs de l’école et de la mairie.

Une petite forêt de cent mètres carrés à peu de frais, peu d’entretien, ont-elles décidé ; l’entretien sera assuré par le groupe pilote qui s’engage ; le budget sera réduit à minima.
Ensemble, elles ont réfléchi, construit, compté et le Conseil Municipal a dit ‘oui’.

A l’action !
D’abord, choisir le terrain, un petit espace de cent mètres carrés derrière l’école entre les peupliers, les frênes et les chênes, c’est parfait, tout près de l’école.
Ensuite préparer le terrain ; Alban a tondu et est allé à la déchetterie de la Plaine d’Arty chercher du broyat avec le tracteur et la grande remorque de Champdeniers. Grâce à Ariane, nous avons pu avoir ce substrat gratuit de la Communauté d’agglomération niortaise.
Les enfants étaient là à l’arrivée du tracteur. Ils ont regardé les tas de broyat déversés qui fumaient à cause de la fermentation.

Il était prévu qu’ils étendent le broyat sur tout l’espace, en temps ‘école dehors’ avec les adultes mais ce broyat était déjà bien vieux, c’était bien pour les arbres mais trop salissant pour les enfants.
Ce sera pour octobre avec le broyat frais !

Donc, seuls les grands ont étalé le broyat.
C’était le dernier jour d’école.
Certains enfants m’ont aidé à planter les piquets et placer la corde pour délimiter l’espace.
Il y a eu des questions :
« À quoi ça sert le broyat ? Pourquoi on l’étale sur l’herbe ? »
« Combien de temps ça va rester ? »
Pendant ce temps d’échange, Yves et moi avions pris nos râteaux pour étirer les tas ! 
« – C’est qui, Yves ?
C’est le maire de la commune.
Ah oui, il était à la fête de l’école ! »

Les enfants sont partis pour les vacances.
Après les derniers rangements des classes, Amélie et Laura ont enfilé les bottes et pris les râteaux !
En quelques heures, le terrain était recouvert.
Première étape !

J’ai entendu dire que les vers de terre sont déjà à l’œuvre et ont convoqué tous les insectes partenaires pour que la terre soit à point lors des plantations en décembre !
Dans mon jardin, les petits frênes, chênes, érables, aubépines, pruneliers, noisetiers se préparent aussi pour la migration vers l’école !

À suivre !

Photos d'élèves de St Christophe célébrant les nouvelles plantations

Nanouk et les p'tits lutins : l'alliance magique

Rédigé par Ariane |

Les jours tant attendus sont arrivés : les 12 et 13 décembre 2024, couronnement d’une année de
préparatifs.
Le terrain public situé à quelques mètres de l’école maternelle et de la classe de CP de la commune de Saint Christophe sur Roc, va accueillir une microforêt de cent mètre carrés.
Les délimitations ont été faites, le broyat étalé par Liliane Lapomme, adjointe à l’environnement, les deux institutrices, Laura et Amélie, et d’autres bénévoles (dont certain-e-s de la mairie), la clôture posée, le panneau explicatif préparé.

Nous, les membres de YACABA, sommes là pour encadrer les plantations qui seront faites par les petit-e-s planteur-euse-s âgé-e-s de trois à sept ans (classes de maternelle et de CP), accompagné-e-s de leurs institutrices et de quelques parents.
Boissons chaudes, broyés du Poitou et biscuits réconfortent pour puiser de l’énergie par cette froide matinée de décembre. Liliane veille sur notre confort et nous materne.

Les petits lutins sortent de leurs classes avec leurs bonnets à pompons, petites bottes, mini gants, anorak et écharpes… à ré-ajuster bien sûr ! Iels sont prêt-e-s.
Les petites pelles de couleur les attendent. Un cercle de petites têtes à pompons (vue du haut) se forme autour de la potion magique (le pralin).
Nanouk (le cheval de Jeannine) a donné son crottin. Mélangé à de la terre et de l’eau, il nourrira et protégera les jeunes plants d’arbres hauts de trente à cinquante centimètres. Belle solidarité entre l’animal et le végétal !

Oh ! un ver de terre ! Celui-ci accapare soudain toute l’attention ! On le regarde ; l’évalue : il est gros ! Il est remis en terre avec précaution, en le mettant parfois avec « d’autres copains ».
Les enfants de Saint Christophe sur Roc font régulièrement l’école dehors. Alors, les vers de terre, iels les aiment, car c’est la terre qui vit !

C’est touchant de voir ces petites mains planter avec attention ces bébés arbres (certes, aidées par les grandes personnes), en leur faisant un nid douillet avec une couronne de broyat.
Comment imaginer que dans trois ans à peine, les enfants devront lever la tête pour admirer le sommet de quatre à cinq mètres de haut d’une forêt dense qu’iels auront créée, alors que les arbres qu’iels tenaient dans leurs mains étaient si petits et fragiles !

Trois demi-journées ont suffi pour planter trois cent arbres.
Joie et enthousiasme partagés.
Et comme mentionné sur le panneau apposé en fin de plantation :

« Pour les enfants de demain, après-demain, après, après demain... »

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